Pseudo-polyarthrite rhizomélique : le Secukinumab confirme son potentiel dans les formes en rechute

Une étude de phase 3 publiée dans le New England Journal of Medicine (Stone et al., juin 2026) montre que le Secukinumab, un anticorps anti-IL17A, pourrait constituer une nouvelle option thérapeutique pour les patients atteints de pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) en rechute. Le Dr Elodie Portier résume cet article.

Pseudo-polyarthrite rhizomélique : le Secukinumab confirme son potentiel dans les formes en rechute

Une maladie encore dépendante de la corticothérapie

La pseudo-polyarthrite rhizomélique est un rhumatisme inflammatoire survenant chez des sujets âgés de plus de 50 ans, et est fréquemment associée à l’artérite à cellules géantes (ACG). Le traitement actuel repose sur la corticothérapie orale, avec en cas d’échec ou de rechute une possibilité de recours au Méthotrexate, ou aux biothérapies de type anti-IL6R (Tocilizumab et Sarilumab). Cependant, seul le Sarilumab bénéficie d’une AMM européenne dans la PPR, alors que celle du Tocilizumab est limitée à l’ACG, et il n’y a aucun autre traitement autorisé ou validé à ce jour pour la prise en charge de la PPR.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité d’une biothérapie anti-IL17A, le Secukinumab, devant un effet positif déjà suggéré par d’autres travaux, et un rationnel physiopathologique avec notamment une élévation des niveaux d’IL17A dans la PPR.

Une étude de phase 3 menée chez des patients en rechute

Dans cet essai de phase 3, 381 patients avec PPR en rechute ont été randomisés dans 3 groupes : 1 placebo, et 2 avec des doses différentes de Secukinumab (150 et 300 mg/mois). Tous recevaient en parallèle une corticothérapie orale en décroissance progressive sur 6 mois. A 1 an, on constate des taux de rémission soutenue 2 fois plus élevés sous Secukinumab que sous corticothérapie seule, quelle que soit la dose de Secukinumab (41.2% 300 mg vs 40.6% 150 mg vs 20.4% placebo). De plus, l’adjonction de ce traitement permettait de diminuer la dose cumulée de corticoïdes reçue (1604 mg vs 1683 mg vs 2090 mg). Une réascension ou reprise transitoire de corticoïdes était nécessaire dans 51% des cas sous Secukinumab et 76% sous placebo. Enfin, la tolérance était bonne, avec quelques cas d’infections fongiques non sévères qui sont habituels sous traitement par anti-IL17.

Une nouvelle perspective thérapeutique ?

En conclusion, cette étude laisse entrevoir une nouvelle option de traitement dans la PPR en rechute, avec une deuxième voie d’épargne cortisonique en plus des anti-IL6R. Il faut cependant rester prudent chez les patients avec ACG associée, puisque le récent essai de phase 3 réalisé évaluant le Secukinumab versus corticoïdes n’a pas démontré d’efficacité de ce traitement chez les patients avec ACG récente ou en rechute.

 

Références de l’article commenté : Phase 3 trial of Secukinumab in Polymyalgia Rheumatica, Stone et al., NEJM, juin 2026, doi : 10.1056/NEJMoa2602567

Plus d’articles