Arrêt du dénosumab : comment prévenir le rebond osseux et le risque de fractures ?

L’arrêt du dénosumab reste l’un des sujets les plus débattus en ostéoporose. Une revue menée par une équipe du CHU de Toulouse fait le point sur les facteurs de risque, les stratégies de relais disponibles et les outils de surveillance permettant de limiter le rebond osseux et le risque de fractures vertébrales après l’interruption du traitement. Le Dr Cécile Philippoteaux nous résume son contenu.

Arrêt du dénosumab : comment prévenir le rebond osseux et le risque de fractures ?

Un enjeu majeur de la pratique quotidienne

Cette revue, issue d’une équipe française (CHU de Toulouse), aborde une question clinique particulièrement d’actualité et qui porte à débat au niveau national et international : la gestion de l’arrêt du dénosumab. L’absence de propriété rémanente de cette molécule expose, à l’interruption, à un phénomène de rebond associant élévation rapide des marqueurs de résorption et perte osseuse accélérée dans les 6–12 mois, avec un risque de fractures vertébrales multiples. Le sujet est au cœur de l’actualité rhumatologique, tant par la fréquence de prescription du dénosumab que par l’incertitude persistante sur la stratégie de relais optimale, malgré la position de l’ECTS (2021).

Les facteurs de risque de fracture au sevrage

Les auteurs récapitulent les facteurs de risque de fracture au sevrage (fractures vertébrales prévalentes, durée de traitement > 2,5 ans, absence de bisphosphonate pré/post-dénosumab, CTX élevé, âge jeune, perte densitométrique rapide de hanche).

Quelles stratégies de relais après le dénosumab ?

Parmi les relais, l’acide zolédronique (ZOL) apparaît le mieux étayé, particulièrement chez les patients à faible risque, mais protège de façon incomplète les sujets à haut risque ou traités longtemps, justifiant parfois des perfusions répétées. Le tériparatide en monothérapie et le raloxifène sont insuffisants ; le romosozumab reste incertain après exposition prolongée ; le sevrage progressif s’avère inefficace. Le CTX sérique (seuils indicatifs ~453 ng/L au sevrage, < 212 ng/L à 6 mois post-ZOL) guide le suivi et la nécessité de retraitement.

Des outils pratiques pour la consultation

La revue a le mérite de proposer des algorithmes pratiques (stratification du risque, calendrier de surveillance) transposables en consultation, tout en reconnaissant l’hétérogénéité des données sources (études majoritairement rétrospectives, peu de RCT, protocoles de relais disparates).

Des incertitudes qui persistent

Les seuils de CTX proposés restent à valider prospectivement, et le risque de surtraitement lié au seuil bas (< 212 ng/L) est justement souligné. Ce travail conforte le message central, à savoir qu’un relais antirésorptif systématique et un monitoring du CTX constituent la pierre angulaire de la gestion du sevrage, sans masquer les zones d’incertitude qui appellent des essais dédiés.

 

Références de l’article commenté : Degboé Y, Couture G. Strategies for denosumab discontinuation in postmenopausal osteoporosis. Joint Bone Spine 2026; 93: 105954.

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