Étude STAMP : faut-il introduire une biothérapie d’emblée dans le rhumatisme psoriasique ?

Référence : Koc GH, Kok MR, Kasiem FR, et al. Intensive biological DMARD-first strategy versus standard step-up care in psoriatic arthritis (STAMP): 1-year results from a multicentre, open-label, randomised controlled trial comparing two treat-to-target strategies. Lancet Rheumatol. 2026;8(1):e23-e32. Un article rédigé par le Dr Laura Pina Vegas.

Étude STAMP : faut-il introduire une biothérapie d’emblée dans le rhumatisme psoriasique ?

Positionnement et justification du choix

Si l’intérêt d’une stratégie treat-to-target (T2T) dans le RP a été démontré par l’essai TICOPA, la séquence thérapeutique optimale reste à définir. STAMP est le premier essai randomisé comparant deux stratégies T2T : l’introduction précoce d’un anti-IL-17A versus une stratégie step-up conventionnelle débutant par le méthotrexate.

Principaux résultats

Cet essai randomisé ouvert a inclus 120 patients ayant un RP récemment diagnostiqué, naïfs de DMARD et avec au moins 2 articulations gonflées. Les patients recevaient soit du secukinumab 300 mg/4 semaines + MTX 15 mg/semaine (n=60), soit du MTX 15 puis 25 mg/semaine (n=60), avec escalade thérapeutique tous les 3 mois en l’absence d’atteinte de la MDA. À M6, le critère de jugement principal était négatif : l’ACR50 était atteint chez 42 % des patients sous stratégie secukinumab versus 35 % sous stratégie conventionnelle (RR 1,19 ; IC95 % 0,75-1,88 ; p=0,45). À M12, les résultats convergeaient avec 50 % de répondeurs ACR50 dans les deux groupes. En revanche, le contrôle était plus rapide avec le secukinumab : dès M3, l’ACR50 était atteint chez 43 % versus 22 % (p=0,018) et la MDA chez 48 % versus 25 % (p=0,008). Le bénéfice concernait également la peau (PASI90 à M3 : 60 % versus 22 % ; p<0,0001) et les enthésites (résolution à M6 : 85 % versus 47 % ; p=0,016). Toutes les dactylites initiales étaient résolues à M6 sous secukinumab. A M12, 58 % des patients du groupe secukinumab étaient toujours sous leur stratégie initiale contre 30 % dans le groupe conventionnel. La tolérance était comparable entre les groupes.

Commentaires

STAMP ne démontre pas la supériorité à M6 d’une stratégie introduisant d’emblée une biothérapie par rapport à une stratégie step-up conventionnelle, lorsque les deux sont conduites en T2T. L’intérêt potentiel d’un anti-IL17A précoce réside surtout dans un contrôle plus rapide de la maladie, notamment cutanée et enthésitique, et dans la réduction des escalades thérapeutiques. Ces résultats restent exploratoires, le critère principal étant négatif et aucune procédure hiérarchique de tests n’ayant été prévue. Les données structurales et médico-économiques à plus long terme permettront de préciser l’intérêt d’une stratégie « bDMARD-first ».

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