Etude négative sur l’efficacité des injections épidurales de dexaméthasone par la voie du hiatus sacro-coccygien dans les lombosciatique discales récentes
Cet article a été rédigé par la Section SIRIS de la SFR.
Cipolletta E, Moscioni E, Sirotti S, Di Battista J, Abhishek A, Rozza D, Zanetti A, Carrara G, Scirè CA, Grassi W, Filippou G, Filippucci E. Diagnosis of calcium pyrophosphate crystal deposition disease by ultrasonography: how many and which sites should be scanned? Rheumatology (Oxford). 2024 Aug 1;63(8):2205-2212. doi: 10.1093/rheumatology/kead565. PMID: 37882749; PMCID: PMC11292044. Un article présenté par le Dr Charlotte Jauffret.
Le rhumatisme à pyrophosphate de calcium (PPC) demeure une affection largement sous diagnostiquée. Cette difficulté diagnostique tient en partie aux limites de la radiographie conventionnelle (Se 50%), dont la sensibilité pour détecter les dépôts de pyrophosphate est imparfaite, mais également à la grande diversité des présentations cliniques. En, parallèle, l’échographie musculosquelettique occupe une place croissante dans la pratique quotidienne du rhumatologue, du fait de sa disponibilité immédiate, sa capacité à explorer plusieurs articulations au cours d’une même consultation, et dans le cadre des pathologies microcristallines sa meilleure sensibilité que la radiographie. L’étude de Cipolletta et al. répond à une question très concrète : quel protocole échographique simple et rapide adopter en pratique pour optimiser le diagnostic du PPC ?
Dans cette étude prospective multicentrique, 204 patients (102 rhumatismes à PPC confirmés par identification de cristaux et 102 témoins) ont bénéficié d’une échographie standardisée de 20 articulations. Les auteurs montrent qu’un protocole réduit, limité à l’exploration bilatérale des genoux, des poignets et des hanches, permet d’obtenir une excellente performance diagnostique. La présence de dépôts sur au moins deux de ces six articulations offre une sensibilité de 96,7 % et une spécificité de 100 %, tout en nécessitant en moyenne seulement 12,5 minutes d’examen.
L’étude montre qu’il n’est pas nécessaire de réaliser une échographie exhaustive pour obtenir une excellente performance diagnostique. Cette étude illustre l’évolution de notre pratique vers une utilisation plus systématique de l’échographie dans les arthropathies microcristallines. Au-delà de ses excellentes performances diagnostiques, elle apporte surtout un message pragmatique : un protocole ciblé, réalisable en une dizaine de minutes, peut facilement s’intégrer à une consultation de rhumatologie. Si ces résultats devront être confirmés, ils renforcent l’idée que l’échographie est appelée à devenir un outil de première intention dans la démarche diagnostique du rhumatisme à PPC.