Étude de la mortalité dans la maladie de Sjögren

Bourse SFR 2026 « Congrès internationaux » (2 000 €) attribuée à Élodie Portier pour la présentation de son travail en Poster Tour lors du congrès EULAR 2026. L'étude présentée,« Factors associated with mortality in patients with Sjögren disease: analysis of the ASSESS cohort », s'intéresse aux facteurs associés à la mortalité chez les patients atteints de maladie de Sjögren.

Étude de la mortalité dans la maladie de Sjögren

Contexte et objectifs de l'étude

La maladie de Sjögren (SjD) est une maladie auto-immune chronique présentant une grande hétérogénéité, allant de la sécheresse oculaire et buccale à une atteinte systémique touchant divers organes. L’activité systémique est généralement évaluée au cours du suivi à l’aide du score ESSDAI, et des scores ESSDAI élevés ont été associés à la mortalité dans la SjD. Cependant, les facteurs de risque de mortalité dans la SjD restent incertains, tout comme le risque de mortalité lié à cette maladie par rapport à la population générale. Cette étude visait donc à évaluer le risque de mortalité dans la SjD et à identifier les caractéristiques des patients et de la maladie associées au décès.

Méthodologie

Les 395 patients de la cohorte nationale française ASSESS ont été inclus. Nous avons comparé les taux de mortalité de cette cohorte à ceux de la population générale française entre 2007 et 2025.

Ensuite, les caractéristiques des patients à l’inclusion dans la cohorte ont été comparées en fonction de leur survie ou de leur décès. Nous avons ensuite évalué l’impact du score ESSDAI — mesuré à chaque visite — sur la mortalité, ainsi que celui du score ESSPRI, qui évalue les symptômes des patients (sécheresse, fatigue, douleur).

Résultats

Soixante-dix-sept décès (19,4 %) sont survenus entre 2007 et 2025, avec une mortalité plus élevée que celle de la population française, en particulier chez les patients atteints de SjD présentant une activité systémique élevée au moment de leur inclusion. Dans la cohorte, les patients décédés étaient plus âgés à l’inclusion (68 ans contre 55 ans), avec une prédominance masculine. L’activité systémique (mesurée par l’ESSDAI) était associée à un risque plus élevé de décès, que l’ESSDAI ait été mesuré à l’inclusion ou au cours du suivi.

Conclusion

En conclusion, la mortalité chez les patients atteints de SjD était significativement plus élevée que dans la population générale, en particulier chez ceux présentant une activité systémique. L’âge avancé, le sexe masculin et des scores ESSDAI plus élevés à l’inclusion et au fil du temps étaient indépendamment associés à la mortalité. Ces résultats soulignent l’importance d’une surveillance étroite de l’activité systémique afin d’améliorer les résultats cliniques des patients.

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