IRM des mains dans la pseudopolyarthrite rhizomélique : comment la distinguer d’une polyarthrite rhumatoïde séropositive ?

Cet article a été rédigé par le Dr Fabien Jastrzebski. Il présente les résultats d'une étude comparant les anomalies observées à l’IRM des mains chez des patients atteints de pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR) et de polyarthrite rhumatoïde (PR) séropositive. Les données mettent en évidence des profils inflammatoires distincts qui pourraient aider le clinicien à différencier ces deux affections lorsqu’une atteinte de la main complique le diagnostic.

IRM des mains dans la pseudopolyarthrite rhizomélique : comment la distinguer d’une polyarthrite rhumatoïde séropositive ?

Positionnement de l’article et justification de son choix

La pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR) est un rhumatisme inflammatoire du sujet touchant les ceintures scapulaires et pelviennes. Elle peut se manifester chez 50% des patients par une atteinte des mains pouvant mimer une polyarthrite rhumatoïde (PR) du sujet âgé et conduire à une prise en charge inadaptée. Les études récentes montrent que l’inflammation de la PPR visible sur l’IRM ou le TEP-TDM concernent les structures péri-tendineuse et péri-articulaire avec peu d’atteinte de la synoviale. Or, on connaît encore mal ce type d’inflammation extra-synoviale au niveau des petites articulations de la main, notamment des articulations métacarpophalangiennes (MCP). L’objectif de l’étude est de déterminer si l’IRM injectée de la main permet de caractériser un profil inflammatoire spécifique de la PPR et de le différencier de la PR.

Principaux résultats de l’étude

L’étude a comparé 51 patients atteints de PPR à 51 patients ayant une PR immunopositive, appariés sur l’âge et le sexe. Les IRM des mains ont montré des profils inflammatoires différents. La présence d’une synovite était faible à modérée dans la PPR, alors qu’elle était plus importante dans la PR. L’inflammation péri-articulaire était plus intense dans la PPR notamment autour des MCP. Aucune érosion ni ostéite n’a été détectée dans le groupe PPR, alors qu’elles étaient fréquentes dans le groupe PR, avec une différence statistiquement très significative (p < 0,001). La ténosynovite était fréquente dans les deux pathologies, mais la ténosynovite des fléchisseurs était significativement plus fréquente dans la PPR. Un profil de patient présentant des synovites faibles à modérées associés à une inflammation péri-articulaire sévère était très évocateur d’une PPR présent chez 78,4 % des patients PPR contre 21,6 % des patients PR. Lorsque ce profil était retrouvé sur au moins deux MCP d’une même main, la spécificité pour la PPR atteignait 90,2 %, avec une sensibilité de 70,6 %.

Commentaires suscités par la publication

Les auteurs soulignent que l’IRM permet de différencier l’atteinte de la main dans la PPR de celle de la PR immunopositive grâce à la localisation de l’inflammation. Dans la PPR, l’inflammation est principalement péri-articulaire et extra-synoviale, avec une synovite modérée, tandis que celle de la PR est majoritairement synoviale, plus intense et davantage associée aux érosions et à l’ostéite.

L’IRM pourrait donc être un examen utile lorsqu’il existe un doute entre une PPR et une PR à début tardif. Cependant, les auteurs rappellent que l’inflammation péri-articulaire n’est pas spécifique de la PPR, car elle peut être observée dans le rhumatisme psoriasique.

 

 

Référence : Fruth M et al. Magnetic resonance imaging of hand involvement in polymyalgia rheumatica: a comparison with seropositive rheumatoid arthritis. RMD Open. 2026;12(2):e006838.

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