Biothérapies et empreinte carbone : quelle est la contribution réelle des biomédicaments au changement climatique ?

Cet article a été rédigé par le Groupe de travail de la SFR Green Rhumato. Alors que le secteur de la santé représente une part significative des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’impact environnemental des biomédicaments demeure encore peu documenté. Cette étude propose pour la première fois une évaluation complète de l’empreinte carbone des biothérapies.

Biothérapies et empreinte carbone : quelle est la contribution réelle des biomédicaments au changement climatique ?

Un enjeu environnemental encore méconnu pour les biothérapies

Le système de santé mondial est responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre dont environ 30 % sont la conséquence de la production médicamenteuse. Les agents biologiques (biothérapies, protéines recombinantes) représentent un quart des ventes mondiales de l’industrie pharmaceutique.

 

Néanmoins, l’empreinte carbone des agents biologiques reste méconnue.

 

L’article présenté décrit un modèle évaluant l’impact environnemental des agents biologiques.

 

Les auteurs ont analysé le cycle de vie de 103 anticorps monoclonaux biosimilaires inclus. Le parcours complet du médicament est analysé : production, transport, remplissage des seringues ou stylos, conditionnement, déchets, déplacement des employés, infrastructures industrielles, activités de l’industrie pharmaceutique inhérentes aux biothérapies.

Une empreinte carbone très variable selon les biomédicaments

D’après cette étude, l’empreinte carbone varie fortement selon le biomédicament : entre 286 et 2 047 kgCO₂e/an selon les molécules utilisées en rhumatologie soit un facteur de 1 à 10.

L’échelle de production explique en partie cette différence entre les biothérapies, les productions à petite échelle étant plus émettrices de gaz à effet de serre.

 

L’empreinte carbone moyenne d’une boîte d’anticorps monoclonal est de 169,7 kgCO₂e.

Le rituximab semble le moins émetteur de carbone. Cela s’explique notamment par le faible nombre d’administrations : seulement deux perfusions tous les 6 mois.

 

Cette étude suggère également un impact carbone moindre des JAK-inhibiteurs (291–680 kgCO2e/année) comparativement aux biothérapies (286–2,047 kgCO2e/année).

La commercialisation : un impact plus important que la production ?

Les auteurs ont également analysé l’impact environnemental de chacune des étapes de la commercialisation d’un médicament.

 

De façon surprenante, la production du biomédicament n’est responsable que de 15% des émissions carbone tandis que les activités de l’industrie pharmaceutique (recherche et développement, marketing…) sont responsables de 80 % de ces émissions.

 

Ce travail montre également que plus le prix du biomédicament est élevé, plus les émissions de carbone sont importantes. D’une part, cette corrélation peut s’expliquer par l’impact de la R&D dans l’importance des émissions carbone. D’autre part, plus l’investissement en R&D est important, plus le prix du biomédicament est important.

Principaux enseignements et perspectives

En conclusion, cette étude est la première étude évaluant l’impact environnemental des biothérapies. Elle souligne la grande variabilité des émissions carbone selon les molécules et l’échelle de production. Aussi, seulement 15 % de l’empreinte carbone est attribuable à la production du biomédicament, la grande majorité des émissions étant la conséquence des activités de l’industrie pharmaceutique menant à la commercialisation de la molécule (recherche et développement, marketing, administration).

 

Référence : Carbon Footprint of Antibody- Based Drugs and Biologics Using Hybrid Life Cycle Assessment . Sébastien T et al. Clin Pharmacol Ther. 2026 Jul;120(1):236-244. doi: 10.1002/cpt.70301. Epub 2026 May 6.

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